Ouvrir une école, c’est fermer une prison

Histoires du Salvador

19 janvier 2016
Lore Stassen
Un de nos dix (10) pays partenaire est la République du Salvador. Ce petit pays, le plus densément peuplé d'Amérique centrale, a un problème social urgent qui freine sa croissance et son développement. Le Salvador est un des pays les plus dangereux au monde, avec un taux moyen d'homicides entre 10 et 14 par jour. Dans et autour des grandes villes, il règne une présence massive de « maras », des gangs de jeunes qui comptent souvent des milliers de membres et qui sont constamment au bord de la guerre entre eux.

VIA Don Bosco soutient divers centres au Salvador depuis 2008. Car même si le droit à l'éducation ou à une formation pour chacun semble logique, au Salvador ce n’est pas encore le cas. Une bonne éducation peut changer la vie de quelqu'un. Une éducation de qualité peut conduire à un travail décent, et un emploi décent change la vie de toute une famille. Donc, tout commence par-là ! VIA Don Bosco concentre dès lors une attention aux jeunes les plus vulnérables.

La meilleure façon de vous décrire le fonctionnement de notre programme au Salvador est de vous relater les témoignages de quelques jeunes qui ont été accueillis dans notre réseau de partenaires.

Construire ses rêves

Miguel Chavez Nuñez a 24 ans. En 2012, il arrive chez nos partenaires dans le Centro de Formación Profesional à San Jose. Avant cela, il a vécu dans le canton de Camores, un endroit mieux connu comme el Basurero, traduisez « le dépotoir ». Il y règne beaucoup de violence et les gangs y manient le bâton. Miguel n'a pas eu beaucoup de soutien de sa famille. Ils ne comprenaient pas pourquoi il voulait étudier.

Miguel a commencé ses années secondaires à l'école publique, mais il n'y a pas reçu de formation à l’utilisation des ordinateurs. Voilà pourquoi il s’est inscrit pour des cours d'informatique offerts par notre centre de formation. Avec l'aide d'une agence d'emploi, qui fait également partie de notre réseau de partenaires, il a appris comment élaborer un CV et comment les choses se déroulent durant une entrevue d'emploi. Après avoir contacté plusieurs sociétés grâce au bureau et à ses compétences en informatique, il a trouvé un job dans un restaurant. Et grâce à son sens de l'initiative, il a été rapidement promu comme caissier.

Miguel est depuis retourné au bureau d’emploi, et avec leur aide il a trouvé une nouvelle situation qui lui a permis de mettre en application les connaissances acquises au centre de formation. Ainsi, il a travaillé pendant deux ans comme gestionnaire de stock. Mais son envie de faire mieux persistait. Pendant son temps libre, il a appris à faire des pizzas, et avec quelques amis, il a démarré une entreprise de restauration. Miguel vit actuellement dans sa propre maison avec sa femme. Il cuit les pizzas les plus délicieuses, grâce aux connaissances acquises dans le centre soutenu par VIA Don Bosco.

Déconstruire les préjugés

Nancy Guadalupe Salazar vit avec sa mère et sa sœur cadette à Apopa. Cette ville est l'une des plus violentes du Salvador. Les parents de Nancy ont divorcé quand elle avait 11 ans. Actuellement, sa mère est le principal soutien de famille. Elle vend des sous-vêtements et son revenu mensuel est d'environ 100 dollars. En 2013, Nancy est arrivée au centre de formation Ciudadela Don Bosco, où elle a étudié l'électronique.

Au cours de cette formation, Nancy a connu de nombreux revers en raison de sa situation familiale et financière. L'équipe sociale du centre lui a donné un soutien psychologique. Le centre a de plus payé ses frais de transport et ses repas. Nancy travaille actuellement à la dernière partie de sa formation: un stage dans une entreprise, un des plus grands distributeurs de gaz (Tropigas) du pays. Parce que Nancy a travaillé dur pendant son stage, elle a gagné l’estime de ses collègues. Actuellement, elle est officiellement recrutée par cette compagnie.

Deux belles histoires qui démontrent l’efficacité de nos salésiens sur place.

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