Voyage d’immersion au Bénin

Ecrits des élèves

24 septembre 2015
Lore Stassen
Durant les vacances de Pâques, 15 élèves et 2 professeurs du Collège Saint Quirin de Huy sont partis avec nous en voyage d’immersion au Bénin, dans le cadre de notre campagne « Move with Africa ». Il s’agit d’une initiative du journal La Libre, pour laquelle les jeunes et les enseignants du collège ont travaillé toute l'année. Les jeunes ont écrit leurs expériences dans un blog : un compte-rendu saisissant de leurs aventures ! Le blog complet est disponible sur : viadonbosco.blogs.lalibre.be.

Mardi 7 Avril. Aujourd'hui, après une année de préparation, ce jour est enfin arrivé : nous voilà arrivés au Bénin. Nous sommes chaleureusement accueillis par Mark, le coordinateur et psychologue du Foyer Don Bosco à Porto Novo. Le premier trajet dans les rues est déjà impressionnant, au milieu des nombreuses motos et des voitures qui klaxonnent.

Jeudi 9 Avril. Nous prenons le minibus pour le marché de Sémé-Kraké. Partout nous voyons des gens dans la pauvreté et l'insalubrité. Ils vivent dans des huttes. Les déchets sont jetés dans les rues, dans les rivières, sur la plage, n'importe où. La présence visible d'enfants travaillant sur le marché nous a aussi surpris. Ils recueillent et trient des bidons. Certains enfants se bousculent, car chaque baril rapporte un peu d'argent.

Une autre partie du groupe visite une baraque où les enfants sont pris en charge pour la nuit. Mais les portes se ferment sans faute à 21h. Cinq minutes de retard peuvent donc coûter à un enfant le confort d'un toit et la sécurité pendant une nuit. Il n’est pas rare que des enfants disparaissent la nuit. Ces enlèvements sont souvent le fait de trafiquants d'enfants ou d'organes.

Vendredi 10 avril. Au milieu de l'agitation de Cotonou se trouvent trois cabanes en tôle. Dans chacune, un professeur dispense des cours. Nous y recevons un accueil chaleureux et apprenons à connaître leurs noms. Le professeur nous raconte l'histoire de certains des enfants. Il y a la petite fille qui se lève avant l'aube pour prendre soin de sa famille. Les cours ne sont dispensés qu'en matinée afin de permettre aux élèves de gagner de l'argent l'après-midi. Pourtant, c'est dans cet endroit que la joie, les rires et les chants sont les plus chaleureux.

Par après, Michel et Christophe, les éducateurs, nous prennent à part pour nous expliquer plus en détails en quoi consiste leur métier. Quand ils ne sillonnent pas le marché pour repérer les enfants des rues afin de gagner leur confiance, et petit à petit les convaincre de fréquenter la baraque, ils organisent des temps de parole sur des thèmes tels que la violence, le vol, l'école ... Ils mènent aussi des enquêtes sociales pour découvrir l'identité de l'enfant et ses origines. S’ils retrouvent ses parents, ils tentent de rétablir la communication dans le but de réintégrer l'enfant dans sa famille.

Samedi 11 avril. Nous partons en minibus vers une ferme. Nous roulons par des chemins de terre qui nous font découvrir une autre facette du Bénin : des paysages verts et paisibles. Un groupe de jeunes âgés de 16 à 21 ans nous attend avec impatience. Chacun d'entre eux prend un d’entre nous par la main pour faire le tour du propriétaire. Isolée au milieu d'une plaine arborée, la ferme de taille modeste mêle élevage et petite culture. Lapins, poules et porcs côtoient cocotiers, aubergines et autres plantes aromatiques.

Puis vient le défi suivant : faire des crêpes pour les 40 enfants du centre Magone dans le cadre de la soirée de présentation de la Belgique ! Défi réussi, vu l'appétit témoigné.

Dimanche 12 avril. Nous assistons à la messe du Centre Magone, célébrée par le père Juan Jo. C'est à une messe joyeuse que nous assistons, chacun vibre d'une énergie incroyable, enfants comme adultes. Tous ont revêtu de belles tenues colorées. Nos cœurs ont dansé au son de la chorale et au rythme des battements de mains.

Samedi 18 avril. Nous visitons la route de l'esclavage, jusqu’au lieu où les esclaves étaient vendus. Nous découvrons la fosse commune où étaient "jetés" ceux qui n'avaient pas survécu au calvaire ou qui étaient jugés non-aptes pour partir aux Amériques. Nous allons voir le monument commémoratif et enlevons nos chaussures, ce qui montre notre respect envers tous ces humains.

Sur la plage une « porte » a été édifiée pour montrer l'endroit du non-retour. Là les esclaves enchaînés étaient placés dans des pirogues pour rejoindre les bateaux qui les emmenaient au loin.

Dimanche 19 avril. Jusqu’ici nous ne voulions pas nous positionner en occidentaux riches et pourvoyeurs de cadeaux. Mais nous décidons d’acheter quelques biscuits et de les distribuer aux très nombreux enfants qui nous suivent. Mauvaise idée ! Cette distribution provoque une agitation importante, ils se bousculent et jettent les déchets sur le sol.

Lundi 20 avril. Nous disons au revoir aux jeunes du centre. C’est un moment émouvant, quelques larmes coulent. Le retour en Belgique provoque un double sentiment : heureux à l’idée de retrouver nos proches et familles, et tristes de quitter tant de personnes attachantes.

Mardi 21 avril. Ce fut un long voyage  et quand nous arrivons en Belgique, nous sommes surpris par le froid. A moitié endormis, nous récupérons nos valises et retrouvons nos familles qui nous attendent. C'est à ce moment que se clos notre belle aventure, mais c'est sûr, on ne l'oubliera pas de sitôt !

 

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